(par François Mouchet de Lorraine-Québec)

ELECTIONS AU CANADA



Stephen Harper, le chef du Parti Conservateur du Canada, à la tête d’un gouvernement minoritaire depuis janvier 2006, espérait obtenir une majorité absolue à la Chambre des Communes, lors des élections du 14 octobre dernier. Le Premier Ministre, certes, a consolidé sa position, mais il lui manque 12 sièges pour atteindre la majorité qui est de 155 sièges.

La participation des citoyens a baissé, d’une élection à l’autre, de 64.7 % à 59.1 %.

Tous les partis perdent des voix à l’exception des Verts qui en gagnent 300 000.
La chute la plus spectaculaire est celle du Parti Libéral du Canada qui perd 850 000 voix. Son chef, le Québécois Stéphane Dion, largement impopulaire dans sa province, n’a pas réussi à séduire les électeurs des provinces anglophones. Au lendemain du scrutin, il a annoncé son retrait dès la désignation d’un successeur.

Résultats dans l’ensemble du Canada



Remarques :

Le Bloc Québécois ne présente des candidats qu’au Québec
Les Indépendants sont aux "non inscrits"
Le NPD est un parti social-démocrate





ELECTIONS FEDERALES AU QUEBEC



A l’ouverture de la campagne électorale, les Conservateurs espéraient faire une percée spectaculaire dans la Belle Province, principalement au détriment du Bloc Québécois qui a pour vocation la défense des intérêts du Québec à Ottawa et la promotion de la souveraineté de la Province francophone.
Stephen Harper a mis en garde les électeurs québécois : "Si vous voulez être représentés au sein de mon prochain gouvernement, il faut élire des députés conservateurs".

La pertinence de la présence du Bloc Québécois à Ottawa a non seulement été contestée par les autres partis mais aussi par quatre anciens députés bloquistes et Jacques Brassard, ancien ministre du Parti Québécois.

Pour ces derniers, le Bloc Québécois, sous la direction de Gilles Duceppe, s’est déporté trop à gauche et ne défend plus assez la souveraineté.
La réaction de plusieurs ténors du Parti Québécois a été vive à l’encontre de Jacques Brassard, leur ancien collègue, qui, devenu chroniqueur dans un journal, précise Bernard Landry, a soutenu la guerre en Irak et les élections de Busch à la Maison-Blanche. Gilles Duceppe a mené une campagne de plus en plus incisive exploitant notamment les coupures faites par le gouvernement Harper dans les programmes de la culture et affirmant que seul le Bloc Québécois pouvait empêcher l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire et une dérive droitière.

Le Bloc Québécois a finalement bien résisté même si la baisse de la participation au scrutin (61.1 % en 2008 contre 63.9 % en 2006) lui a été préjudiciable.

Les Conservateurs n’ont pas apprécié les critiques de Jean Charest et des Libéraux Québécois. Mais à la veille de déclencher des élections, le Premier ministre voulait montrer qu’il était là, lui aussi, pour défendre les intérêts du Québec.

Résultats au Québec